mardi 9 septembre 2014

Un nouveau venu sur la planète Grand Chelem



Marin Cilic. Si son nom avait fait les gros titres pour une affaire de dopage il y a un peu plus d'un an, c'est désormais en vainqueur de l'US Open qu'on pensera à lui. Accusé d'avoir pris de la Nicéthamide en 2013 lors du tournoi de Munich, il écope de neuf mois de suspension suite à la prise de tablettes de glucose. On se souvient de Laura Flessel en 2002, qui elle aussi, avait été contrôlée positive à cette substance. Ce mauvais souvenir est désormais bien loin dans l'esprit du croate, vainqueur par KO de son premier grand chelem à 25 ans. Lui qui n'avait remporté aucun titre majeur, que ce soit en Master 1000 ou même en ATP 500, a parfaitement terminé sa quinzaine américaine en s'adjugeant l'US Open. 


À l'instar de ces prédécesseurs Ljubicic ou Ivanisevic, qui est son entraîneur, Marin s'appuie sur sa grande taille pour avoir un service très lourd, un bon jeu à la volée et un coup droit puissant. Durant ses trois derniers matchs, il a pris beaucoup de risques et souvent flirté avec les lignes et c'est une réussite qu'il faut savoir provoquer mais il a surtout réussi à s'adapter mieux que ses adversaires à des conditions météorologiques loin d'être idéales. On se souviendra de son huitième de finale de haute lutte contre Gilles Simon comme le dernier match du tournoi où le géant croate aura perdu un set. Que ce soit contre Tomas Berdych, Roger Federer ou en finale contre Kei Nishikori, trois matchs remportés haut la main en trois sets, sans aucune contestations possibles tant il semblait au dessus de ses adversaires. "J'ai joué le meilleur tennis de toute ma vie" disait-il après sa demi finale. On veut bien le croire.


Comme pour son adversaire, c'était une grande première pour lui, jouer une finale de grand chelem, devant 20 000 personnes : Les nerfs allaient donc être mis à rude épreuve. Sang froid, application, concentration, le croate a cumulé toutes ces facultés mentales à l'inverse du japonais, incapable de prendre le dessus. Comme en témoigne les statistiques, c'est dans les points importants que s'est fait la différence : Une balle de break sur neuf convertie par le japonais, cinq sur onze par le croate. Si le match est équilibré du côté des fautes directes (30 pour Nishikori contre 27 pour Cilic), le croate a mis 38 points gagnants contre la moitié pour le japonais. En tête du début à la fin, il n'a jamais vraiment été inquiété, à l’image de son jeu blanc à 3-2 dans le second set, avec quatre aces de suite. Au final, 6-3, 6-3, 6-3, au lendemain de la victoire écrasante de Serena Williams sur Caroline Wozniacki sur un score de... 6-3, 6-3. Il y a des scores qui ne mentent pas!


C'était donc la première finale depuis neuf ans où l'on ne retrouvait ni Djokovic, ni Nadal, ni Federer, ni Murray. Et quand on voit le niveau de jeu affiché par Nishikori notamment, on est en droit de penser que la concurrence arrive pour ces désormais vieux briscards du circuit, habitués à truster tous les titres majeurs. Pour ce qui est de Cilic, il faudra qu'il adapte son jeu à des surfaces plus lentes mais on est en droit d'espérer le revoir à un tel niveau dans les années à venir. 

lundi 8 septembre 2014

Deux ans, ça va être long...




Bon, et bien s'il y a bien un enseignement à tirer de ces deux matchs amicaux de l'équipe de France auxquels on vient d'assister, c'est bien qu'il n'y a aucun enseignement à tirer!
Des matchs amicaux qui portent bien leur nom, avec des équipes remaniées, où le résultat importe peu, voilà à quoi vont ressembler les prochains matchs des bleus durant les deux années à venir. Les prestations individuelles sont elles aussi difficiles à analyser, sachant que l'état d'esprit ne peut être tout à fait le même que dans une compétition officielle. Dès lors, ces matchs doivent servir à ceux qui, à priori ne partent pas titulaire, pour montrer leur qualités. Et à ce jeu là, peu de satisfactions. 

Au rayon des "déceptions", à gauche de la défense Lucas Digne semble encore un peu tendre pour le niveau international. Devant Loïc Rémy n'a rien montré dans une équipe absolument pas faîte pour son style de jeu, lui qui a besoin d'espace, d'ouvertures et de débordements. Et j'aurais toujours du mal à me dire que Moussa Sissoko peut-être titulaire dans cette équipe. Le spécialiste du grand pont le long de la ligne de touche, qui se transforme bien souvent en passe à l'adversaire, offre des garanties physiques certaines mais pour ce qui est de l'intelligence de jeu, on repassera. Puis reste l'énigme 2014 Yohan Cabaye. Il est clairement mieux devant la défense quand il peut ratisser quelques ballons avec le jeu devant lui, mais où sont passées ces ouvertures? Ces transversales? Quant à sa frappe de loin, elle ne semble même plus faire partie de sa palette technique. Quand on sait que c'est Thiago Motta qui joue à ce poste au PSG, on est en droit de se demander combien de matchs il va jouer à ce poste dans la saison.

Pour ce qui est des "satisfactions", l'activité de Cabella sur son côté gauche, percutant, doué avec le ballon, espérons simplement que la Premier League lui fasse prendre quelques kilos afin qu'il "muscle son jeu, Rémy". Jérémy Mathieu a fait son match dans l'axe de la défense même s'il a plus souvent cherché à écarter le danger plutôt qu'à relancer proprement. Morgan Schneiderlin a l'air d'être un joueur très propre, quelques jolies transversales, une vision du jeu intéressante, je demande à revoir. 

Sinon, pour ce qui est des confirmations, Paul Pogba s'impose comme le vrai patron de cette équipe. À seulement 21 ans, ça en fait presque peur, et traduit une chose importante : Il n'y a pas de vrai patron dans cette équipe, un véritable leader charismatique, comme a d'ailleurs pu l'être son sélectionneur dans le passé. Trouver celui qui saura fédérer le groupe, saura hausser le ton et toucher dans leur orgueil les joueurs qui en auront besoin, de par ses mots et son entrain sur le terrain, voilà un des chantiers de Deschamps pour 2016. Un autre sera de trouver le partenaire de Varane en défense centrale puisque personne ne s'est réellement imposé depuis... 2006 et la paire Gallas Thuram. Un sacré bout de temps.


vendredi 5 septembre 2014

Un jeudi bien rempli!



Entre la conférence de presse de Bielsa, le match de l'équipe de France et le quart de finale entre Monfils et Federer, l'actualité était intense ce jeudi! Revenons sur ces trois épisodes un petit peu plus dans le détail.

Tout commençait donc avec El Loco dans l'après midi, qui conviait les journalistes pour une mise au point claire et précise de la situation à Marseille. Bilan du mercato, situation des lofteurs, mésententes avec la direction, mensonges en coulisses, manque de professionnalisme... Bielsa ne parle certes pas beaucoup, mais quand il parle, il n'y va pas avec le dos de la cuillère! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas de mal. Finie la langue de bois, la communication plus que l'information, les discours stéréotypés. Le chilien sait ce qu'il veut et n'hésite pas à dire tout haut ce qu'il pense, quitte à pointer du doigt ses employeurs. Et c'est bien là que le bas blesse.

Rendez vous compte, en tant qu'entraîneur, Bielsa est un salarié de l'entreprise OM. Imaginez un salarié balancer sur la direction et sur l'entreprise comme l'entraîneur chilien a pu le faire au sujet de l'OM, c'est le licenciement assuré! Sauf que, cette fois, l'entraîneur semble être au dessus de l'institution : c'est le sauveur qui doit remonter le club et c'est celui qui est acclamé par les supporters. Labrune se retrouve otage de son choix et ne peut pas se désavouer au premier couac. Quand on sait qu'il a licencié Anigo pour éviter les querelles extra-sportives... Pour ce qui est de la vérité, de savoir qui a raison ou qui a tort, on ne le saura évidemment jamais vraiment, mais les semaines et mois à venir devraient nous en apprendre un peu plus.

Plus tard dans la soirée, on assiste donc à la rentrée de l'équipe de France. Deux mois après une Coupe du Monde correcte au Brésil, qui a au moins eu le mérite de réconcilier les supporters et leur équipe nationale, les bleus avaient rendez vous avec l'Espagne au Stade de France. La roja, éliminée au premier tour, qui doit dorénavant faire sans Xavi et Xabi Alonso fraîchement retraités et amputée d'Iniesta toujours blessé, doit se reconstruire. Si la technique est toujours au rendez vous, si les passes et les contrôles sont toujours réussis, cette équipe n'a pas encore trouvé comment se montrer dangereux en face des buts. Imaginez, avec Fabregas, Diego Costa, Koke, David Silva, Isco, Cazorla ou encore Raul Garcia, il y a quand même de quoi faire! Aucun tirs cadrés en 90 minutes, c'est assez rare pour être souligné, mais pas assez grave pour s'inquiéter. Ce n'était qu'un match de préparation pour l'Espagne, qui elle, joue sa qualification pour l'Euro en France et a un match important à disputer ce lundi face à la Macédoine.

Pour ce qui est de la France, après une première période dominée par les espagnols, les changements opérés par Didier Deschamps à partir de l'heure de jeu allaient s'avérer concluants. Loic Remy, Yohan Cabaye et surtout Lucas Digne ont montré qu'ils étaient plus que des alternatives crédibles. En espérant que le sélectionneur ait enfin compris que Patrice Evra n'a plus le niveau international. Constamment devant, il déséquilibre l'équipe et oblige Matuidi à le couvrir sur son côté gauche. Le 4-2-3-1 devient obsolète puisqu'on retrouve le seul Pogba dans tout l'entrejeu et son apport offensif en est largement diminué. Il manque en équipe de France le Pirlo de la Juventus, le Busquets du Barça ou le Thiago Motta du PSG. C'est avec ce genre de joueurs qu'on pourra donner à Pogba les clés du jeu offensif français. Si Yohan Cabaye pouvait avoir le profil, il va falloir qu'il joue plus souvent et mieux, avec le PSG. Reste les interrogations sur Sakho, qui voit la concurrence arriver à grand pas avec Mangala à City et Jeremy Mathieu au Barça, qui vont être beaucoup plus exposés maintenant.
Le but marqué par Loic Remy fait suite à une très belle action, un joli jeu à quatre avec Valbuena, Benzema, Sissoko et conclut par Remy d'une belle frape du gauche. Quelques beaux mouvements, des confirmations, un public qui répond présent, bref, une belle rentrée pour l'équipe de France.

Enfin, je finirais cet article avec un petit mot sur le match Monfils Federer de la nuit dernière en quart de finale de l'US Open. Match tout bonnement splendide, ponctué d'émotions, de coups gagnants, de pression et tout un public qui se lève à 5-5 dans le quatrième set pour saluer le niveau de jeu des deux protagonistes. D'un côté la fougue et le show de Gaël Monfils, de l'autre l'expérience et la classe de Federer. Deux balles de matchs ratés à 5-4, 15-40 sur le service de Federer dans le quatrième set. Le bon moment choisi par le suisse pour retrouver sa première balle. Et le jeu suivant, le français craque faisant deux doubles fautes à égalité sur son service, laissant Federer l'opportunité d'égaliser à deux sets partout. Le cinquième set ne sera plus qu'une formalité tant le coup de massue semble violent. Federer reste en course pour décrocher son 18ème titre du grand chelem et Monfils se rassure sur son niveau de jeu, lui qui n'avait plus atteint les quarts de finale à l'US Open depuis quatre ans.

mardi 2 septembre 2014

Passage en revue du mercato : L'apathie du marché français



Ca y est le marché des transferts a fermé ses portes en France! Gloire à tous les médisants qui pensaient que le Fair Play financier n'était qu'une vaste fumisterie et que le PSG n'en aurait que faire, gloire à ceux qui pensaient que la taxe à 75% n'engendreraient pas plus de départs que d'habitude, gloire à tous ceux qui se sont inlassablement trompés et qui ne peuvent dorénavant plus se cacher.

Quand l'an dernier on voyait arriver Falcao, James, Cavani, Moutinho, Toulalan, des noms qui suffisaient à compenser les pertes de l'an dernier (je pense à Aubameyang, Lisandro, Sakho, Belhanda...), aujourd'hui, la seule arrivée d'envergure est celle de David Luiz au Paris Saint Germain. Pour le reste... Une perte de vitesse flagrante. Seuls des joueurs en devenir rejoignent la Ligue 1 et les montants dépensés n'ont que rarement été aussi bas, à l'échelle européenne. Pas un seul club n'a dépensé plus de 8M pour un joueur, et les plus gros transferts sont ceux de Bakayoko à Monaco (pas Ibrahima je vous rassure...), Batsuhayi et Doria à l'OM. Trois joueurs de moins de 21 ans qui ont encore tout à prouver. La plupart des mondialistes sont partis (Ospina, Ochoa, Cabella, Valbuena, James, Aboubakar...) et les joueurs recrutés sont, soit des joueurs de ligue 1 ou ayant joués en ligue 1 (Ninkovic, Maïga, Pino, Mavinga, Gelson Fernandes, Teophile Catherine, Doumbia...), soit des joueurs en fins de carrière (Jacobsen, Barrios) ou des jeunes en devenir comme vu précédemment. 

Autre constat, quand la Ligue 1 dépensait encore 433 millions d'euros en 2013, elle n'en a dépensé cette année plus que 125 millions. La Série A, championnat en perte de vitesse aussi depuis quelques années mais qui reste toujours plus attractive, a par exemple quand même dépensé 345 millions cette année, contre 525 l'an dernier. Sans parler de l'Espagne et de ses 530 millions dépensés ou de l'Angleterre qui a affolé le marché et dépassé le milliard. 

La DNCG a pendant longtemps été un symbole de la bonne conduite des clubs français. Aujourd'hui, sa seule mission semble d'être celle de sanctionner pour ramasser quelques profits. Et puis vient la folie de la taxe à 75%, propre au football et rétroactive qui plus est. Comme si le football devait servir "d'exemple" ou de symbole. Or je n'ai entendu personne dire que le football professionnel est déjà une des premières mannes financières de l’État, à qui il verse près de 700 millions d'euros en impôts et charges sociales chaque année. Il n'a pourtant pas été si difficile de prétendre enfin mettre à contribution un prétendu mauvais payeur. Et puis ça passe mieux auprès de l'opinion publique, "c'est vrai quoi, les footballeurs sont trop payés..." (sic)  

L'attractivité de la Ligue 1 n'était déjà pas bien élevée et ce ne sont ni les décisions politiques ni les décisions économiques qui vont faire en sorte que ça s'améliore. Il ne nous reste qu'à attendre les retombées de l'Euro 2016, l'achèvement des travaux dans les stades pour espérer des jours meilleurs. En attendant, prenez votre courage à deux mains et installez vous confortablement dans votre fauteuil, devant un Toulouse Guingamp si possible, et exultez à chaque contrôle réussi de Jean Daniel Akpa Akpro. Vous verrez, on s'y fait.


lundi 1 septembre 2014

Bilan J4 : Le réveil du champion



Évidemment, la quatrième journée restera marquée par le retour d'Ibrahimovic et la fessée subie par l'AS Saint Etienne au Parc des Princes ce dimanche. Au delà du résultat et de la bourde de Ruffier, j'aimerais plutôt revenir sur ce qu'on entend sans cesse au sujet du Paris Saint Germain ces derniers jours. Depuis la fameuse sortie du géant suédois lors du match contre Bastia et après le match nul du PSG à Evian, j'ai entendu partout parler d'"Ibra-dépendance". Toutes les questions au sujet du club parisien s'orientait sur sa faculté ou non à être aussi fort en son absence. Mais, cette question mérite-t-elle vraiment d'être posée? La réponse semble pourtant clairement claire! Évidemment que non! Sinon pourquoi serait-il autant payé? Hier soir, le Real Madrid affrontait la Real Sociedad sans Cristiano Ronaldo. Résultat, ils ont perdu le match après avoir mené 2-0. Si rien ne dit qu'ils auraient gagné le match avec le portugais, rien ne dit le contraire non plus! Les joueurs comme ceux là, capables de faire la différence à tout moment, sur une frappe, un dribble, un éclair de génie, et surtout capables de le faire sur toute une saison, ne sont pas nombreux, alors en perdre un est toujours dommageable pour son équipe. Le simple fait de poser cette question est une aberration. 

De plus, j'ai encore entendu hier sur Canal + qu' "aucun joueur français n'est titulaire au PSG ce soir". Doit-on rappeler que le club parisien est le club le plus représenté en équipe de France avec trois joueurs? Doit-on rappeler qu'un taulier de Didier Deschamps, Yohan Cabaye, n'est que l'ombre de lui même au sein du club parisien? Doit-on rappeler que l'Inter Milan a remporté la Ligue des Champions sans un seul italien titulaire en finale en 2010? Bref. C'est toujours la même chose, le même refrain et ça commence à être lassant. Au delà de la conception romantique que l'on peut avoir du football et que je comprends très bien, il faut savoir aussi vivre avec son temps, parce que depuis bientôt vingt ans et l'arrêt Bosman, cette vision du football n'est plus possible.

Autre club à avoir marqué les esprits lors de cette quatrième journée, l'OM de Marcelo Bielsa. 4-0 au Vélodrome face à Nice, ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé aux supporters marseillais (contre Montpellier il y a presque quatre ans). Un Payet qui confirme en soutien de Gignac et s'offre un doublé, Mendy qui progresse dans les phases offensives, Imbula qui s'impose en plaque tournante de l'équipe. Que des points positifs avant la trêve internationale même s'il faudra évidemment souligner la faiblesse des niçois sur ce match. Mais ce n'est pas tous les jours qu'on gagne 4-0, ce qui donne une vrai preuve de l'idée de jeu prônée par Bielsa et sa réelle envie de marquer des buts. Marseille en profite donc pour boucler son mois d'Août de manière positive, alors si en plus un défenseur venait à poser ses valises sur la Canebière, ce serait l'idéal!

Du côté de Bordeaux, l'attitude conquérante continue même si ce fut plus difficile face à Bastia. Toujours cette envie d'aller de l'avant à souligner et le troisième but de Rolan cette saison, qui confirme peu à peu les espoirs placés en lui. Encore une fois, des faits de jeu qui vont dans leur sens, mais il faut savoir les provoquer. 

Pour le reste, Lorient en passe 4 à Guingamp dans un derby breton totalement maîtrisé. Certains s'inquiétaient du départ de Gourcuff, Ripoll semble suivre la même voie que son prédécesseur et c'est tant mieux. Lyon continue sa descente aux enfers, défaite 2-1 chez le promu messin après avoir mené 1-0 à dix minutes de la fin, c'est la preuve d'un groupe très fragilisé qui espère sûrement retrouver quelques uns de ces joueurs après la trêve internationale. Caen doit commencer à en avoir marre de jouer au Mans, avec sa deuxième défaite 1-0 sur un penalty et compte vite retrouver D'Ornano. Enfin Monaco ne décolle toujours pas avec son match nul 1-1 contre Lille et décide de changer complètement de projet une fois le championnat débuté. À voir mais celui qui voudra me faire croire que Monaco peut mieux jouer sans James et sans Falcao n'est pas encore né.

Mes tops de la journée : 
  1. Zlatan Ibrahimovic : Un retour, un triplé, de la hargne, de la sympathie, du Zlatan.
  2. Dimitri Payet : Deux buts pour lui, une activité intéressante, il lui a toujours fallu un an d'adaptation alors... Cette fois-ci serait la bonne?
  3. Adrien Regattin : Pour son magnifique coup franc d'abord, qui a permis au TFC de s'imposer et pour son prénom.
Mes flops de la journée : 
  1. Stéphane Ruffier : Une faute de concentration majeure, un contrôle que ne renierait sûrement pas Apoula Edel. C'était soirée souvenirs au Parc.
  2. Prince Oniangué : Il devait prendre le relais de Krychowiak cette année, son tacle les deux pieds décollés et en avant sur le tibia de Nomenjanahary alors que son équipe menait 1-0 a mis fin aux derniers espoirs rémois de ramener quelque chose d'Amiens.
  3. L'AS Monaco : Pour nous avoir fait croire à un projet qui n'existe plus, pour nous avoir fait croire que James serait le seul partant. Dommage

dimanche 31 août 2014

Un constat sur l'état de notre football



Les derniers jours de mercato sont souvent le moment choisis pour les clubs désireux de recruter de passer à l'action, en comptant notamment sur la nécessité de se débarrasser de joueurs histoire de faire baisser le prix. Il reste donc encore un peu plus de 24h avant que les coachs de Ligue 1 ne poussent un gros ouf de soulagement. Ils connaîtront l'ensemble des joueurs de leur effectif au moins jusqu'à cet hiver. Finis les volontés de départ, les rumeurs infondées, les pressions pour changer de club. Il faut dire que la tendance actuelle n'incite guère à l'optimisme quand on s'intéresse à la vague de départs des joueurs de notre championnat.
À l'exception du PSG, il n'y a pas un club français qui ne cherche pas à faire d'économies. On aurait pu penser que Monaco avait un réel projet, mais la très probable vente de Falcao en annonce clairement la fin. Si l'intention pouvait paraître honorable, le manque de supporters dans le stade, le manque de pression ou encore de vie autour du club sont autant de raisons qui font que ce projet ne pouvait être mené à terme. De plus, le principal actionnaire ne paraît pas concerné, mais on ne saurait lui en vouloir étant donné la tenue de ses affaires personnelles et de sa vie privée.

La principale raison évoquée pour expliquer cette vague de départ massif est économique. Entre la taxe à 75% et les sanctions de la DNCG, les clubs de Ligue 1 ne peuvent pas trop dépenser sur le marché des transferts. Un discours qui se tient si on l'applique au moment T, mais en se replaçant dans un contexte plus général et en se rappelant du passé, on s'aperçoit vite qu'entre les montants dépensés pour acquérir certains joueurs, et les salaires qui leur ont été donnés, on peut facilement comprendre comment certaines équipes de Ligue 1 se retrouvent dans le rouge. Les exemples de transferts ratés sont beaucoup trop nombreux pour nos derniers clubs européens. Que ce soit à Lyon, à l'OM, aux Girondins de Bordeaux ou à Lille, des montants astronomiques ont été dépensés pour des joueurs qui ne démontrent aujourd'hui plus rien. Avec le plus souvent un contrat longue durée de signé, il devient très difficile de les revendre, ces joueurs là voulant garder leur salaires intacts. Je pense actuellement aux "lofteurs" de l'OM, l'an dernier c'était Jimmy Briand et Bafé Gomis à Lyon, je pense aussi à Marvin Martin, Yohan Gourcuff, Ederson, Michel Bastos, Aly Cissokho, André Pierre Gignac, Yohan Gouffran, Fahid Ben Khalfallah, etc. Autant d'erreurs qui ont littéralement plombées les finances de nos plus gros clubs.
 
Dès lors, la priorité est de recruter "malin", par exemple des joueurs sans contrat à l'image de Malbranque l'an dernier ou simplement essayer de dénicher le bon coup comme ce fut le cas avec Cvitanich à Nice ou plus récemment Toivonen à Rennes. Quand on regarde la liste des joueurs dont le contrat se terminait en Juin dernier, il est quand même difficile de comprendre pourquoi aucun club français n'a cherché à se positionner. Gomis, Djordjevic, Ménez, Pejcinovic, Bocaly, N'guémo, Dossevi, Roudet, autant de joueurs qui aurait pu rendre de loyaux services à beaucoup d'équipes de Ligue 1. Le cas du défenseur serbe est révélateur, il a choisi de partir en Russie au Locomotiv Moscou alors qu'il n'y avait aucune indemnité de transfert à payer. Quand on voit que Lyon, Lille ou encore l'OM recherche activement un défenseur central, ils auraient été bien inspirés de s'intéresser à son cas, lui qui a toujours réalisé de belles prestations sous le maillot niçois.

Quid de nos attaquants? La vague de départ est là aussi impressionnante. Kalou, Aboubakar, Rivière, Gomis, Djordjevic, Cabella, James et sûrement Falcao et Yatabaré, c'est neuf des vingt derniers meilleurs buteurs du championnat la saison dernière. Pour deux des trois meilleurs buteurs de Ligue 2, Diafra Sakho et Andy Delort, l'un a préféré signer à West Ham tandis que l'autre est annoncé avec insistance en Championship, la D2 anglaise.

On peut remarquer aussi qu'ils quittent la France de plus en plus tôt. Les réussites de Pogba, Griezmann, Varane, Mangala ou encore Schneiderlin donnent des idées et beaucoup en viennent à penser qu'ils progresseraient sûrement plus vite à l'étranger. En témoigne les deux derniers cas au PSG, Coman et Rabiot, qui souhaitent à tout prix quitter le club parisien pour aller chercher du temps de jeu ailleurs (j'ai bien dis "chercher du temps de jeu", pas sûr qu'ils le trouvent, mais c'est un autre débat). Rajouté à cela la multitude de joueurs qui affirment quand ils partent n'avoir jamais autant travaillé en France, on pense à Guilavogui à l'Atletico, Aymeric Laporte à Bilbao ou plus récemment à Brahimi à Grenade, et vous aurez vite compris le pourquoi de cet exode massif.

La volonté de continuer avec les mêmes méthodes, les mêmes dirigeants, la même mentalité, est un cas spécifique à la France. Quand on s'intéresse à ceux qui composent la direction des instances, on peut s'interroger sur l'envie d'évolution. Que ce soit à la FFF, à la LFP ou autres, on retrouve toujours les mêmes acteurs, les mêmes noms, qui sont là depuis toujours. Noël Le Graët était déjà là de 1991 à 2000 en tant que directeur de la Ligue Nationale de Football, il est dorénavant président de la FFF. Plus anciennement Claude Simonet a été représentant de la FFF, puis trésorier, puis président, le tout sur 15 ans. Pour ce qui est de la formation des entraîneurs, le dernier appelé montre à quel point le problème est profond, c'est Guy Lacombe qui a été nommé responsable de la formation des cadres techniques à la Direction Technique Nationale, il fait donc partie de ceux qui enseignent et conseillent les jeunes entraîneurs. "Moustache", oui oui, c'est bien de lui dont on parle, lui qui n'a comme palmarès qu'une coupe de la ligue et une coupe de france, qui a réussi l'exploit de se faire virer d'un club de Dubaï seulement trois mois après son arrivée et surtout connu pour ses lourds échecs au PSG, à Monaco, et surtout pour l'indigence du jeu proposé. À coup sûr la personne la plus à même de faire progresser nos jeunes entraîneurs.


Intéressons nous dorénavant à Frédéric Thiriez. Président de la Ligue de Football Professionnel depuis... 12 ans maintenant. Celui qui est chargé de vanter les mérites du championnat auprès des diffuseurs avait, en 2007, inauguré un plan de développement pour la Ligue 1 nommé FootPro 2012 qu'il avait découpé en plusieurs points :
  • Que 50% des joueurs de l'équipe de France jouent en Ligue 1 : on en a aujourd'hui 7 sur 23, moins d'un tiers.
  • Que le championnat de France soit 3ème à l'indice UEFA : La France était 4ème en 2007, elle est aujourd'hui 6ème et sous la menace de la Russie
  • Qu'un club français gagne la ligue des champions avant 2012 : On attends toujours.
  • Que deux clubs français soient régulièrement en quart de finale de Coupe d'Europe : Merci le Qatar.
  • Que la France obtienne l'Euro 2016 : Bien joué Fredo!

Avec autant de mauvais choix, que ce soit à la tête des clubs ou à la tête des fédérations, on ne peut pas s'étonner de voir le football français continuer à chuter, et surtout voir nos meilleurs joueurs quitter le championnat. Entre des conditions financières lourdes, un manque de professionnalisme certains et des instances dirigeantes qui veulent à tout prix sanctionner, le football est à l'image de ce que connaît en ce moment le pays et la société française. Un ras le bol évident, des envies de départs assumées et une direction qui ne vit qu'à travers ses revenus.

samedi 30 août 2014

Et de 7..!




Il l'a (encore) fait. Teddy Riner est devenu pour la septième fois consécutive champion du monde des poids lourds en Judo. Ultra dominateur depuis le début de la compétition, il a connu sa première et seule petite frayeur en finale face au japonais Ryu Shichinohe. À 40 secondes de la fin, le japonais tente un contre après plusieurs refus de combat, réussit à faire tomber le français qui parvient tout de même à se mettre sur le côté. Le yuko est proche mais l'arbitrage vidéo ne valide pas la tentative du japonais. Quelques minutes plus tard, Teddy Riner remporte son combat grâce aux trois pénalités infligées à son adversaire et devient donc à seulement 25 ans une nouvelle fois champion du monde.
On l'annonçait successeur de David Douillet. Encore un titre olympique et l'élève aura dépassé le maître, lui qui n'a plus connu la défaite depuis 2010 et sa finale perdue en "toutes catégories" à Tokyo, pour un total porté dorénavant à 65 victoires d'affilée. Du jamais vu dans le monde du judo masculin. 

Son parcours pour se hisser jusqu'en finale est impressionnant, passant moins d'une minute et trente secondes à chacun de ses combats, avec à la clé deux ippons, un étranglement et un uchi-mata.
La Russie l'avait désigné ennemi numéro un, lui qui les a tant de fois privé d'or par le passé. Son premier titre à Rio était face à Tmenov, mais c'est surtout à partir de l'année suivante et du championnat du monde à Levallois où il bat en finale Mikhaylin (qui lui prédira une très courte carrière et aucune médaille à Londres) que l'antagonisme devient plus fort. Chaque combat entre les deux hommes se soldaient par une victoire du français, dont la plus mémorable et la plus dure à encaisser pour les russes est celle de la finale des Jeux Olympiques en 2012. Après la défaite, le russe refuse de saluer le français, qui s'était alors dirigé vers lui pour l'obliger à une étreinte difficile à avaler pour le russe (précisons que Poutine avait à l'époque promis un million d'euros à chaque judoka titrés). Cette année, leurs espoirs se portaient sur Renat Saidov en quart de finale. 1 minute et 22 secondes après le début du combat, le russe subissait un ippon qui envoyait Teddy Riner en demi-finale. Après avoir manqué les championnats d'Europe en Russie en 2012, il réussissait cette fois, à Tcheliabinsk, à s'imposer en territoire hostile.

Co-recordman mondial du nombre de titres mondiaux, il règne en maître absolu sur sa discipline et semble bien parti pour garder sa mainmise sur la discipline tant il arrive à se défaire de chacun de ses adversaires avec une facilité déconcertante. Ce colosse de 2,04m pour 139kg s'était fixé comme objectif les Jeux de Rio en 2016, mais il se pourrait bien que ce championnat du monde ait quelque peu changé la donne : "Je pense que je ne suis pas prêt d’arrêter. Je me disais ‘‘on verra après 2016’’, mais quand je me sens dans ces états-là, je me demande si on n’ira pas jusqu’en 2024 !"
Et c'est tout ce qu'on lui souhaite!